Dès les années 90, les élus fontenaysiens ont compris le potentiel à tirer de la révolution numérique pour peu que l'on oriente les outils et les usages vers l'intérêt général. Ils ont tracé la voie. Ne pas subir la technologie mais s'en emparer. Ne laisser personne au bord du chemin. User des outils numériques pour créer du lien, réduire les inégalités d'accès au savoir et à la vie sociale, promouvoir l'intervention des citoyens dans la vie locale.
Cette ambition s'est d'abord concrétisée par l'implantation dans la ville de quatre Espaces Publics Numériques et l'informatisation -entamée dès 2003- de toutes les écoles publiques.
Dans le même élan, le site municipal a développé et simplifié l'accès aux services de la Ville. La démocratie locale s'est dotée de moyens nouveaux :
- Forum de discussion sur le site de la Ville
- Diffusion en ligne des Conseils municipaux
- Mise à disposition des internautes des compte-rendus des Conseils de quartier et des Commissions (depuis l'ouverture des Commissions au public, tout Fontenaysien peut s'inviter à une réunion en quelques secondes, simplement en renseignant un formulaire sur un écran).
Développer, grâce au numérique, l'intervention citoyenne, c'est également l'objet de l'Observatoire des Engagements et du site internet associé. Sur le web de l'Observatoire, les Fontenaysiens ont ainsi la possibilité de tracer, mesurer et commenter l'action de leurs élus à chaque instant, en toute liberté.
Peu de communes ont oeuvré à ce point au service d'un Internet local citoyen. ConsacréeVille Internet @@@@ en 2006, Fontenay-Sous-Bois n'en reste pas là. C'est le message des Etats Généraux. L'ère numérique vient seulement de commencer. Les technologies accélèrent, les pratiques ne cessent de se réinventer. Ecole, entreprises, administrations, médias : tous nous emmènent vers un avenir toujours plus numérique. A charge, pour le citoyen, de s'adapter, et à la collectivité publique de l'accompagner. Car ne pas avancer dans ce monde, c'est reculer.
Les usagers des espaces publics numériques l'ont bien compris qui veulent aller toujours plus loin. Hier se repérer sur Internet ou créer sa boite email. Aujourd'hui retoucher une image, ouvrir son blog ou se former à la recherche d'emploi sur Internet. "Les demandes des habitants deviennent toujours plus pointues, diversifiées, individualisées" souligne Cathy Legendre, médiatrice TIC pour la Ville, "il devient plus difficile d'y répondre sur le plan pédagogique".
Principaux utilisateurs des espaces : les collégiens et les jeunes adultes. Les statistiques réalisés en 2007 sur deux espaces publics révèlent que les principaux usagers -les moins de 20 ans- sont aussi les plus informatisés : plus de la moitié ont un ordinateur à la maison.
Dans le même temps, la population restée au bord du chemin reste nombreuse. Dans les Espaces publics, les sessions d'initiation à l'informatique affichent complet. Retraités, chômeurs, quarantenaires et quinquats restés à l'écart des claviers, s'y pressent. Par nécessité. "J'apprends l'ordinateur pour pouvoir marcher en même temps que les gens qui vivent" confie cette Fontenaysienne en stage à la Maison du Citoyen (vidéo). Beaucoup tentent de monter dans le train alors que les wagons de tête accélèrent. D'autres encore, plus fragiles, souvent précarisés, ne poussent même pas la porte des espaces publics. Comment, ceux là, aller les chercher ? Des initiatives existent déjà qui pourraient faire école, comme les partenariats noués entre la médiathèque et des associations luttant contre l'exclusion. A suivre.
Sur le versant démocratie locale, l'Internet recèle un potentiel encore peu exploré par les collectivités publiques. Combien d'habitants ne participent pas à la vie citoyenne simplement parce qu'ils n'en ont pas le temps ? S'investir dans les travaux d'une Commission ou d'un Conseil de quartier exige une disponibilité qui reste, pour beaucoup, un luxe. L'une des promesses de la démocratie en ligne, c'est de rendre au citoyen son pouvoir d'intervention en balayant les barrières de temps et d'organisation qui le tiennent aujourd'hui à distance des instances participatives. C'est aussi la perspective d'une démocratie qui peut s'exercer sur le réseau à toute heure. D'un espace démocratique permanent, complémentaire aux lieux de parole et de décision traditionnels.
Reste, néanmoins, à trouver le ton et la forme aptes à séduire ceux qui n'ont pas d'intérêt déclaré à la chose publique. Le vrai défi étant d'emmener la jeunesse à prendre toute la place qui lui revient dans le débat public. Souvent peu investis dans la vie sociale et politique, les jeunes sont aussi les plus à l'aise dans l'ère du numérique. Des cybers, pour qui les nouveaux chemins de la citoyenneté sont encore à inventer.


