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23

oct

2009

1ère rencontre de l'Atelier Démocratie Locale : des citoyens mobilisés et inspirés

Une vingtaine de participants, 2 heures de discussion, 15 pistes de travail trouvées. La réunion publique des Etats Généraux qui s'est déroulée lundi 19 octobre est prometteuse. Ce n'est qu'un début, continuons la démocratie.

  • Atelier Démocratie Locale - Réunion du 19 octobre 2009 - Maison du Citoyen et de la Vie Associative

  • 21 participants - hors représentants municipaux et équipe d'animation

La réunion n'a pas encore démarré et, déjà, plus une chaise libre dans la salle spécialement aménagée au premier étage de la Maison du Citoyen.

 

Qui sont-ils, ces Fontenaysiens venus, le temps d'une soirée, parler démocratie locale et outils numériques ? Autour de la table, ils se présentent : "simples" citoyens, militants associatifs, professionnels de l'Internet ou de l'informatique, ou encore habitants mobilisés au sein des conseils de quartiers et de l'observatoire des engagements.

 

Les parcours et les origines sont variés. Les âges mélangés : de l'élève de CM2 au retraité, toutes les générations sont là. Un brassage s'est opéré spontanément pour cette première réunion publique. Un signal particulièrement positif pour la poursuite de ces Etats Généraux.

 

Loïc Damiani, élu délégué à la Ville Numérique, rappelle l'enjeu de cette première rencontre sur le thème de la démocratie locale : "voir ensemble comment les outils et usages du numérique peuvent nous emmener vers davantage de démocratie (...) comment nous allons avancer ensemble pour construire la ville de demain". 

 

Après la diffusion d'un reportage sur l'EPN de la Maison du Citoyen, la discussion est lancée. Les intervenants l'orientent d'emblée sur les efforts à produire pour réduire la fracture numérique.

 

Pour Pascal, du conseil de quartier Rigolot-Roublot-Carrières, la priorité est bien la démocratisation des outils : 

"Avant de parler d'Internet, faisons en sorte que chacun ait accès à l'ordinateur. Pour l'instant ce n'est pas le cas. Les espaces publics numériques ? Ce n'est pas assez. Et je ne suis pas sûr que l'ensemble des citoyens les connaissent".

 

Des espaces numériques méconnus ? Le constat est largement partagé. Jean-Jacques : "beaucoup de gens ne savent pas qu'ils peuvent trouver de l'aide sur la ville, à la médiathèque ou la Maison des Citoyens par exemple."  Se présentant comme "simple citoyen", Jean-Jacques est venu ici glaner de l'information sur les formations au numérique dans la ville. "Pour orienter les personnes de mon entourage vers les services proposés", précise-t-il, "car je n'ai pas toujours le temps de les aider."

 

Faiza, animatrice à l'EPN de la Maison des Citoyens depuis 10 ans, pointe deux faiblesses du dispositif actuel. Les populations les plus fragiles, "on ne les voit pas dans les espaces" souligne-t-elle. Autre observation : "Pôle Emploi et les CCAS nous envoient des gens en masse, mais nous sommes un peu démunis en tant qu'animateurs car nous ne sommes pas formés pour recevoir les demandeurs d'emploi et les RMistes." Sa proposition ? Travailler en partenariat avec les structures locales qui accueillent ces publics. Pas si simple. "On a essayé de travailler en partenariat avec l'Anpe, mais jusqu'ici ça n'a pas vraiment marché" regrette-t-elle. 

 

Pour les personnes en difficulté, il existe aussi l'espace d'insertion, témoigne un participant. "On y trouve 3 ou 4 ordinateurs pour les RMistes. Le problème est que tous ne viennent pas à l'espace d'insertion." Pour lui, un seul moyen pour attirer ces populations vers l'ordinateur et l'Internet : "leur garantir l'anonymat, car une grande partie des gens ne souhaitent pas décliner leur identité". Dans l'assistance, un fonctionnaire de police réagit : "attention ! vous ne pouvez pas donner accès au réseau sans identifier les utilisateurs, c'est la loi. La Ville de Paris est en procès sur ce sujet pour ses accès publics." 

 

D'autres pistes sont ouvertes au fil des échanges, toujours axées sur la réduction de la fracture numérique. Entre autres : étendre l'offre de services des espaces numériques en la rapprochant des quartiers ; prêter des ordinateurs à ceux qui n'en disposent pas à domicile ; financer l'accès internet pour les plus démunis, distribuer des portables aux écoliers. Le slogan "un ordinateur pour chacun" n'est pas loin...  Un intervenant tempère :  "j'ai du mal à imaginer comment on pourrait donner un ordinateur à tous, d'un point de vue technique et financier...".

 

Quid de la démocratie numérique à Fontenay ? "Avant de parler démocratie, il y a du travail à faire sur l'information locale" répond Marc, syndicaliste et membre du collectif des engagements, "on aimerait disposer de toutes les micro-informations sur le déroulement des projets. Dans les réunions des fois on se demande ce qu'on fout ! On discute mais on ne sait pas comment les choses avancent concrètement."

 

Pascal relève que beaucoup d'habitants ne peuvent pas s'investir dans la vie locale à cause de leurs obligations (horaires de travail notamment). Pour lui, l'informatique et Internet peuvent être le moyen de toucher tout le monde, d'ouvrir le dialogue avec ceux qui n'ont pas le loisir de se rendre dans les conseils de quartiers.

 

Pour Dominique, du conseil de quartier Village, on ne va pas "faire de la démocratie locale" avec Internet, mais c'est néanmoins un formidable outil d'échange et de travail : "au niveau des conseils de quartiers, si on n'utilisait pas Internet, on passerait à côté de beaucoup de choses. Quand on prépare une réunion, on s'échange nos propositions par mail, on se tient au courant de l'avancement des travaux, ça fonctionne drôlement bien. Ca nous permet d'avancer. Sinon il faudrait se voir tous les 2 ou 3 jours".

 

Le site de l'Observatoire des Engagements est spécialement gratifié, ce soir, pour son apport à la vie démocratique locale. "On permet au citoyen d'interpeller chaque élu individuellement" souligne Jean-Pierre, membre du collectif des engagements, "toutes les réponses sont mises en ligne. C'est de la politique directe !". Pourtant, la population n'est pas aussi investie qu'on le souhaiterait dans ce genre d'outils : "aujourd'hui notre problème est : comment faire en sorte que les gens participent et suivent la réalisation des 140 engagements ?".

 

De son côté, Manuel nous met en garde : n'y a-t-il pas aujourd'hui une "déformation de la notion de démocratie participative" ? "Le citoyen ne devrait pas être seulement demandeur : en démocratie il faut demander mais aussi donner" assène-t-il, "nous devons nous méfier de l'assistanat."

 

En conclusion, Loïc Damiani fait part de la vision que lui inspire les témoignages et les idées portés par les uns et les autres tout au long la soirée : "nous devons partir de la base, c'est à dire des besoins sociaux des habitants ; identifier des besoins et monter ensuite des projets. (...) Internet est un outil de partage de la connaissance et de lien, il y a vraiment là de la plus value sociale ; ce sont ces atouts que l'on peut développer et ce n'est pas du tout incompatible avec le reste de nos pratiques démocratiques."

 

Guy Tozzi

 

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