lun
16
nov
2009
Nouveaux médias : des jeunes libérés ou abandonnés ?
Un rapport récent du Sénat pointe le déficit d'accompagnement des jeunes dans l'éducation au numérique.
Dans un rapport publié en octobre 2008, le sénateur David Assouline étudie l'impact des nouveaux médias sur les jeunes et propose des mesures pour les accompagner dans la révolution
numérique. Le document rassemble des données et analyses qui peuvent éclairer utilement les débats fontenaysiens sur l'Education dans le cadre des Etats généraux du numérique.
Premier constat du rapport, la révolution numérique est en marche et les jeunes en sont le fer de lance :
- Un jeune sur trois a un blog.
- Plus d'un sur deux se sert régulièrement d'une messagerie instantanée.
- 70 % jouent sur l'ordinateur.
- Plus de 90 % d'entre eux naviguent sur Internet et sont propriétaires d'un téléphone mobile.
Tout se passe en fait comme si les nouveaux médias avaient été inventés pour la jeune génération.
Deuxième constat : les nouveaux médias sont une chance pour la jeunesse.
Outils de socialisation, catalyseurs de compétences, diffuseurs de culture, source de créativité, support pédagogique efficace, autant de vertus qu'on peut leur accorder et qui sont à l'origine
de leur succès.
Troisième constat, ces bienfaits s'accompagnent de risques, souvent surestimés, parfois réels, qui pèsent sur l'épanouissement des jeunes :
- L'intimité est souvent mise en péril.
- Les risques sur la santé ne peuvent être totalement ignorés.
- L'éclatement médiatique est patent et laisse planer la menace de la désinformation.
- La violence des images véhiculée a un impact sur les comportements qui ne peut être minimisé.
Ainsi, alors que les jeunes jouissent d'une réelle liberté grâce à leur maîtrise des nouvelles technologies, l'absence frappante de la famille et de l'école peut aussi donner l'impression qu'ils
sont abandonnés, sans repères, dans un monde multimédiatique omniprésent.
Outre des propositions visant à faire évoluer les pratiques scolaires, le rapport d'information affirme que c'est l'ensemble de la société, famille, institutions et médias qui doit accompagner les pratiques des plus jeunes.
Comment renforcer la maîtrise des contenus ?
Qui sera responsable de l'éducation aux médias ?
Faut-il en faire une matière obligatoire à l'école ?
Quel doit être le rôle des médias eux-mêmes ?
Sur ces questions ce rapport d'information ouvre quelques pistes de travail..
Les 15 principales propositions du rapport :
- Définir juridiquement le statut des données personnelles mises en ligne sur les sites de réseaux sociaux, notamment en cas de désabonnement.
- Réglementer l’usage de la « webcam » sur les messageries instantanées.
- Renforcer les messages de prévention sur les plateformes de blogs et les sites communautaires.
- Lancer une étude de grande ampleur relative à l’impact de la publicité sur la jeunesse.
- Créer un organe de corégulation « enfance et médias » compétent pour assurer la protection de l’enfance sur l’ensemble des médias.
- Délivrer un label de qualité aux logiciels de contrôle parental.
- Renforcer la coopération internationale sur la constitution des listes noires de sites interdits.
- Conforter l’action du Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (CLEMI) en stabilisant ses moyens.
- Renforcer le rôle des professeurs documentalistes.
- Mettre en place un module de 10 heures annuelles d’éducation aux médias en quatrième et en seconde.
- Utiliser les nouveaux médias de manière prioritaire comme support pédagogique dans les cours d’éducation civique.
- Recentrer le B2i sur l’usage des nouveaux médias.
- Renforcer les obligations des chaînes publiques en matière de programmation d’émissions de décryptage des médias.
- Imposer aux chaînes de télévision de préciser les sources de leurs images dans les journaux et magazines d’information.
- Instaurer une signalétique positive pour les programmes jeunesse.
Pour en savoir plus :
Le rapport intégral sur le site du Sénat
La synthése du rapport en pdf
Le blog de la commission des affaires culturelles du Sénat
Guy Tozzi
avec le site du Sénat


